Une femme aujourd’hui

Réalisation : Robert Guédiguian
Casting : Marilou Aussilloux, Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, Grégoire Leprince-Ringuet, Lola Neymark
Scénario : Robert Guédiguian, Serge Valletti, Laurette Polmanss

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 123 mn

Sortie nationale : 21/10/2026

Vendredi 23 octobre
14:00
Vendredi 23 octobre
17:30
Samedi 24 octobre
14:05
Samedi 24 octobre
20:30
Dimanche 25 octobre
15:50
Dimanche 25 octobre
20:30
Lundi 26 octobre
14:00
SME
Lundi 26 octobre
18:10
SME
Mardi 27 octobre
15:50
Mardi 27 octobre
20:20
Mercredi 28 octobre
14:10
Mercredi 28 octobre
18:20
Jeudi 29 octobre
15:35
Jeudi 29 octobre
20:30
Vendredi 30 octobre
14:00
Vendredi 30 octobre
17:30
Samedi 31 octobre
13:50
Samedi 31 octobre
18:30
Dimanche 01 novembre
13:50
Dimanche 01 novembre
20:30
Lundi 02 novembre
16:40
SME
Mardi 03 novembre
20:20
Mercredi 04 novembre
18:10
Jeudi 05 novembre
14:10
Vendredi 06 novembre
13:40
Vendredi 06 novembre
18:10
Samedi 07 novembre
13:50
Samedi 07 novembre
18:30
Dimanche 08 novembre
14:05
Dimanche 08 novembre
20:10
Lundi 09 novembre
16:40
SME
Mardi 10 novembre
20:20
Mercredi 11 novembre
18:00
Jeudi 12 novembre
14:00
Vendredi 13 novembre
18:10
Lundi 16 novembre
17:10
SME
Mardi 17 novembre
20:20
Dernière Séance
Du 23/10/2026 au 17/11/2026 – Prochaines séances

Quand tout fout le camp, heureusement, il y a Robert Guédiguian ! Sa constance, son univers, ses comédiens, sa ville, son style, son inébranlable foi en l’humanité et son besoin de fraternité, même lorsqu’elle ne tient qu’à un fil… Alors bien sûr les années ont passé, la révolte s’est assagie et peu à peu, le militantisme revendiqué a laissé la place à quelque chose de plus complexe, de plus doux aussi, dans un propos qui, sans renier l’attachement à certaines valeurs fondamentales de son cinéma, ne manque pas d’interroger la (bonne) conscience de gauche, l’embourgeoisement, voire la résistance de certaines idées à l’épreuve du temps et de la réalité de notre monde.

Comme toujours chez lui, c’est à travers une, ou plutôt des familles que s’ancre son récit. Familles de Marseille… toujours un peu les mêmes, mais à chaque fois différentes, même si une fois encore les visages sont familiers… La bande à Guédiguian : figures emblématiques, personnages archétypaux qui forment comme souvent l’assise stable sur laquelle va se construit l’histoire, une histoire très actuelle, très moderne, celle d’une femme, aujourd’hui.

Pour Juliette, l’ascenseur social a très bien fonctionné : issue d’un milieu modeste, elle est parvenue à se hisser presque tout en haut de l’échelle, à force de travail, de persévérance et d’intelligence. C’est d’ailleurs tout en haut d’une grande tour de verre et d’acier qu’elle travaille, sur les docks rénovés de Marseille devenus quartier des affaires et de la finance. Juliette navigue dans ce monde presque irréel où les femmes semblent aussi puissantes que les hommes (illusion puisque l’écart de rémunération à poste égal y est de 21 %), où l’on joue à la pétanque avec des boules en plastique dans des « open spaces » et où l’on rentre le soir, tard, dans sa petite villa moderne acquise grâce à un excellent salaire. Elle semble évoluer avec aisance dans cet univers hors sol, habitée par un (semblant de) sentiment de liberté, en même temps qu’elle peine à garder ses repères dans son milieu d’origine (la fameuse « dissonance culturelle »). Et si, au grand désespoir de sa mère, elle ne vient plus si souvent dîner chez ses parents, en dépit de ses promesses, c’est peut-être plus par malaise qu’à cause d’un emploi du temps surchargé. Elle a beau les aimer, ils sont pesants, ses parents, avec leurs questions d’un autre âge (tu es lesbienne ? Pourquoi t’as pas de petit copain ? Et quand est-ce que tu auras un enfant ?). Comment alors rester soi-même dans un monde si éloigné de ses racines ? Comment oser dire à ceux que l’on aime que tout est devenu différent, sans les blesser ? Et comment réussir à faire vivre en soi, malgré tout, les valeurs qui nous ont été transmises ?

Incapable de trouver des réponses, Juliette se sent seule, bien seule. Mais une agression brutale va faire voler en éclat cette vie-là, qu’elle s’était pourtant choisie. Son monde s’effondre, plus rien ne fait sens. Plus rien ? Peut-être pas. Au détour de ce drame, elle va faire une rencontre inattendue. Une rencontre qui a le goût des autres et la saveur du collectif : une maison / refuge pour des mères célibataires qui est aux antipodes de l’univers qui était le sien et dont elle croyait, naïve, qu’il incarnait son seul horizon. Au contact des autres, dans un virage social que même sa famille, pourtant si prompte à revendiquer ses valeurs de gauche, ne comprend pas, Juliette va peut-être s’engager sur un nouveau chemin qui fera enfin sens…

Il est dense, ce nouveau film de Guédiguian… Il tire de nombreux fils (les secrets de famille, la guerre d’Algérie, le racisme ordinaire, les violences faites aux femmes, l’engagement militant), les suit, les laisse, les reprend… Sans juger ses personnages, témoins de nos propres contradictions, de nos jugements hâtifs, de nos bassesses et de nos espérances… Voilà un film généreux, qui fait chaud là où il le faut.

D’autres films à l’affiche