vendredi 29 mai 2026 à 21:00
Ciné-club CINE-PANIK ! Places limitées : achetez vos places dès à présent.
Drive
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Casting : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Perlman, Christina Hendricks, Albert Brooks
Scénario : Hossein Amini
Récompenses : Festival de Cannes 2011 : Prix de la Mise en scène
D’après le roman de James Sallis (Rivages Noir)
Type de film : Fiction
Pays : USA
Année : 2011
Durée : 100 mn
Version : VOST
Waouh ! Oh my god ! Fatche ! Pute vierge ! Ce sont quelques unes des onomatopées irrépressibles qui nous sont sorties de la glotte à la fin de Drive… Après Le Guerrier silencieux qui l’an dernier nous avait transportés au Valhalla, le surdoué danois Nicolas Winding Refn sublime ici une pure commande hollywoodienne que lui a apportée sur un plateau son acteur principal, Ryan Gosling (fabuleux !), fan de son travail et qui l’a imposé aux producteurs.
Il est question d’un as du volant, cascadeur désabusé le jour (il enchaîne les tonneaux comme un boulanger enfourne les baguettes), mais aussi bricoleur maniaque de Ford Mustang, chauffeur pour malfrats en tout genre la nuit. Mais avec des principes immuables : conduire et seulement conduire, quoi qu’il arrive, et attendre cinq minutes maximum devant le lieu du délit. Une double existence réglée comme du papier à musique pour ce garçon solitaire.
Jusqu’au jour où il croise le regard d’une jeune voisine dont le mari est en prison… Et le lonesome driver s’attache autant à la jeune femme qu’à son jeune enfant. Tout se complique quand le mari sort de prison, et qu’il est contraint par une bande de mafieux de commettre un dernier casse. Alors le chauffeur, par amour désintéressé, va accepter de l’aider. Mais rien ne va se dérouler comme prévu.
La fascination que génère le film tient autant à l’évolution du personnage incarné par Ryan Gosling (on vous a dit qu’il était fabuleux ?) qu’au mélange des genres que le réalisateur orchestre avec virtuosité. Au début, le personnage ressemble à l’archétype du héros américain solitaire et taiseux, à la Steve McQueen ou à ka Clint Eastwood. Des types irrémédiablement seuls même si ils peuvent compter sur quelques très rares mais très fiables amis. Sourire en coin, cure dents au bec, jamais expansif, il n’en a pas moins un cœur et se laisse conquérir en douceur, sans effusion. Et il devient du jour au lendemain le chevalier servant à la vie à la mort de la belle en détresse. Pour notre délectation, Winding Refn joue sur l’évolution inattendue et surtout moralement incorrecte du personnage qui, par amour et détermination, va devenir un monstre d’ultra-violence : géniale scène où il se retrouve dans un ascenseur avec son amoureuse et un homme dont il comprend qu’il est un tueur ; dans un ralenti soigné, il enlace sa belle d’un geste protecteur d’une infinie tendresse… et se retourne d’un coup pour tabasser sauvagement à coups de tatane le méchant. À l’image de cette séquence emblématique, Drive nous fait tanguer entre histoire d’amour romantique, film de bagnoles avec poursuites splendides et polar violent que ne renieraient ni Tarentino ni Kitano. Avec des personnages secondaires géniaux, notamment Ron Pearlman en mafieux juif gérant de pizzeria totalement cintré.
Nicolas Winding Refn est revenu de Cannes avec un Prix de la Mise en scène bien mérité, tant son film impressionne par son esthétique visuelle et sonore : Los Angeles est filmé comme rarement, avec force grands angles qui rendent les poursuites cotonneuses, fantomatiques. Quant à la bande sonore, elle est aussi magnifiquement travaillées, entre pop hypnotique rythmant les séquences d’action et pop volontairement romantique, voire sirupeuse, dans les scènes d’amour et de mélo.
Sans oublier la perfection du look du personnage de Ryan Gosling, blondeur, blouson argenté orné d’un scorpion (référence à Scorpio Rising de Kenneth Anger) et gants de conduite en chevreau. Une allure super-classe que viendra souiller le sang dans la dernière partie du film… Allez, pas d’hésitation, foncez plein gaz sur votre vélo jusqu’à votre Utopia le plus proche.
Ciné-club CINE-PANIK ! Places limitées : achetez vos places dès à présent.

