IL ÉTAIT UNE FOIS MICHEL LEGRAND
Réalisation : Réalisé par David Hertzog DESSITES
Casting : avec Michel Legrand évidemment, mais aussi Agnes Varda, Sting, Quincy Jones, Barbra Streisand, Henry Mancini, Claude Lelouch
Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 2024
Durée : 110 mn
Version : VOST
À quatre ans, Michel Legrand joue du piano et à dix, entre au conservatoire !
Il est premier dans toutes les disciplines, et on parle déjà de lui comme d’un… grand. Maîtrisant plus d’une dizaine d’instruments, ce surdoué se tourne d’abord vers les compositeurs classiques : Mozart, Bach, Ravel, Debussy, Fauré ou Stravinsky. Puis, grâce à la pédagogue – et excellente pianiste et organiste – Nadia Boulanger qui le prend sous son aile (elle a formé plusieurs générations de grands compositeurs comme George Gershwin, Quincy Jones, Astor Piazolla…), Legrand comprend qu’il peut tout faire : pianiste accompagnateur, arrangeur, chef d’orchestre, bref il peut devenir un grand orchestre à lui tout seul ! « La musique, c’est ce qu’il y a de plus beau, de plus formidable. Je trouve que c’est l’art le plus élevé, le plus riche, le plus sublime, parce que ce n’est rien. C’est dans l’air, c’est un courant d’air, ça n’existe pas. Ça s’envole, c’est inaccessible, on ne l’attrape pas, on ne le sent pas, on ne le touche pas, on ne l’enferme pas. »
Quand le jazz américain déboule en France au début des années 1950, Michel Legrand est prêt. Cette musique est taillée pour son esprit vif et ultra-créatif. À travers plusieurs formations et en qualité d’accompagnateur de Juliette Greco, Maurice Chevalier ou encore Henri Salvador, il fait ses premières armes. Dans le même temps, il commence à se faire connaître des studios d’enregistrement parisiens comme arrangeur. En 1954, à l’âge de 22 ans, il sort l’album I love Paris qui fait les délices des tympans américains et s’écoule là-bas à 8 millions d’exemplaires en deux mois ! Puis sur album Legrand Jazz, paru en 1958, le Français invite John Coltrane, Bill Evans, Donald Byrd et Miles Davis… rien que ça.
Dans les années 1960, il s’oriente vers la musique de films et rejoint la « Nouvelle Vague » en collaborant avec Agnès Varda, Jean-Luc Godard puis avec Jacques Demy pour Les Parapluies de Cherbourg (1964) qui révolutionne la comédie musicale. Le duo enchaîne trois ans plus tard avec Les Demoiselles de Rochefort puis avec Peau d’âne en 1970. Sa carrière explose et Michel Legrand quitte la France pour les lumières d’Hollywood.
Si son nom est indissociablement lié à celui de Demy, son partenaire réalisateur, Legrand a laissé pour le grand écran une œuvre monumentale – plus de 150 partitions – et a reçu les plus grandes récompenses, en particulier trois Oscars dont celui de la meilleure chanson (la fameuse The Windmills of your mind / Les Moulins de mon cœur) pour la bande originale de L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison (1969), avec Steve Mc Queen et Faye Dunaway. Cette frénésie et cet appétit de créer ne s’arrêteront jamais chez ce compositeur hors normes, marquant à jamais l’histoire de la musique et du cinéma.
Grâce à des archives et témoignages souvent inédits, Il était une fois Michel Legrand est une plongée vertigineuse dans 75 ans de carrière et dans l’incroyable richesse d’une vie entièrement vouée à la musique. Une muse qu’il aura servie avec une énergie folle et qui semblait inépuisable, avec une curiosité et une gourmandise enfantine qu’il a entretenues jusqu’à son dernier souffle et un ultime concert bouleversant à la Philharmonie de Paris (2018). On comprend grâce à ce film formidable à quel point Michel Legrand était bien plus qu’un simple musicien : il était la Musique.



