LA VAGUE

LA OLA

Réalisé par Sebastián LELIO

Année : 2025
Pays : Chili
Durée : 129 mn
VOST

avec Daniela López, Lola Bravo, Paulina Cortes, Avril Aurorai
Scénario de Sebastián Lelio, Manuela Infante, Josefina Fernández et Paloma Salas

15 avril 2026
10:45
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16 avril 2026
14:00
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20 avril 2026
16:40
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21 avril 2026
10:50
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Du 15/04/2026 au 21/04/2026 – Prochaines séances

« Le patriarcat est un juge qui nous juge à la naissance
Et notre punition est la violence que vous ne voyez pas
Le patriarcat est un juge qui nous juge à la naissance
Et notre punition c’est cette violence que tu vois
Ce sont les féminicides, l’impunité des assassins
C’est la disparition, c’est le viol.
Et le coupable ce n’est pas moi, ni mes fringues, ni l’endroit
Le violeur, c’était toi ! »

Printemps 2018… Peut-être étiez-vous, vous aussi, les yeux rivés sur quelque écran, comme hypnotisés par ces bandes de filles sorties d’on ne savait où. Le geste assuré, le buste fier, le timbre haut, galvanisées, transportées par un grand élan collectif sur le flot des tambours, le flot des mots. Les yeux bandés : un symbole… Instantanément, avant même d’entendre les paroles, on comprenait qu’il y avait là un sens universel. Une lame de fond irrépressible sortie des entrailles de l’humanité. Une vague que rien ne pourrait faire taire. Depuis le Chili, des femmes scandaient : « El patriarcado es un juez, que nos juzga por nacer… » Et à l’autre bout de la terre, d’autres reprenaient leur hymne en anglais « The rapist is you ». Brisant tabous et frontières, d’autres encore leur répondaient en russe, en arabe, en yiddish, en farsi, en japonais, en kirghize, en suajili… et bien sûr en français. Toutes ces femmes remettaient la culpabilité à sa juste place. C’était galvanisant, beau et puissant. Tout comme le film de Sebastien Lelio, stupéfiante comédie musicale, galvanisante, belle et puissante. Qui nous entraîne à la naissance de cette révolte pacifiste, à vocation universelle.
Ce printemps-là, donc, on sent, dans l’université de Santiago del Chile comme un frémissement. Une ambiance électrique qui s’enracine, les prémices d’un ras-le-bol aussi joyeux que rageur. L’air s’emplit de relents d’une fin de règne – si ce n’est celui du patriarcat, du moins celui du silence. Elles ne sont d’abord qu’une poignée d’étudiantes à évoquer ouvertement ce qui jusqu’alors était étouffé : les mains trop baladeuses de certains mâles mal éduqués – mains auxquelles il est difficile d’échapper quand on n’est pas née dans les strates les plus aisées de la société. A fortiori si votre avenir universitaire ne tient qu’à une bourse, comme c’est le cas pour Julia (la lumineuse Daniela López). Ici, dans l’unité artistique où elle étudie, chacune cherche sa voie, sa voix aussi. Elles sont très peu, trop peu nombreuses à oser le féminisme, un concept qui n’est plus tout à fait un gros mot, mais qui est encore loin d’avoir infusé dans toutes les mentalités – et qu’elles s’efforcent de dépoussiérer, de cuisiner à leur sauce, à coups de poésie, de slogans, à coups de crayons, de gueule, à coups de rires et de chansons. Si Julia tout d’abord les évite, les aléas de la vie étudiante se chargent de lui rappeler, à son corps défendant, qu’elle n’a d’autre choix que de se laisser embarquer par ce stimulant raz de marée. Plus que cela encore, son engagement dans le mouvement lui échappe, explose ce qu’elle pensait être ses limites…

Sebastian Lelio confirme son talent de conteur impressionniste, partageant avec un bonheur égal sa carrière entre le Chili (Gloria, 2013, Une femme fantastique, 2017) et les USA (Désobéissance, 2018, Gloria Bell, 2019). La Vague est une œuvre sincèrement engagée et sublimement filmée, festive, inventive. Deux heures de bonheur musical foisonnant, de réflexions passionnantes qui relèvent le défi de n’éluder aucun questionnement, aucune contradiction. Un cinéma pêchu, généreux, vivant et vibrant comme on aime, qui nous met des fourmis dans les gambettes et nous décrasse les recoins de la tête à grands jets d’eau claire.

D’autres films à l’affiche

Italie – 2012
95mn
Italie – 2024
80mn