LA VIE APRÈS SIHAM
Écrit et réalisé par Namir ABDEL MESSEEH
Année : 2025
Pays : France / Égypte
Durée : 80 mn
VOST
Depuis qu’il manie une caméra, Namir Abdel Messeeh n’a cessé de filmer sa famille. Sujet inépuisable. Pour le cinéaste d’origine égyptienne – ses parents sont des Coptes exilés en France – c’est une source d’une inspiration sans bornes, dont témoignait déjà son drolatique premier long métrage, La Vierge, les Coptes et moi (2012).
Comment faire quand les parents s’en vont ? Que filmer ? Quand Siham, la mère du réalisateur, meurt en 2015 d’un cancer, celui-ci n’a pas d’autre choix : la disparition, le chagrin, la vie de ceux qui restent, en particulier son père, Waguih, il ne peut les appréhender que par le cinéma. La Vie après Siham est un film de deuil, bien qu’il ne soit pas structuré autour de l’absence. Au contraire. C’est un film qui pullule d’images, précisément pour repousser la hantise du vide. Des images de sa mère, en particulier. Car Namir Abdel Messeeh filme autour de lui, pour un oui pour un non. Sa famille le sait, s’en plaint un peu parfois. C’est ce qui lui permet plusieurs tours de passe-passe, en mêlant les époques. Comme celui de montrer une cuisine vide, puis l’instant d’après sa mère s’y affairant, avant de se diriger vers une porte-fenêtre où, derrière, sur le balcon, le père arrose les fleurs. Parce qu’il tente de retracer la vie de sa mère, sa jeunesse et la rencontre de ses futurs parents, il a recours à des images d’autres films – en particulier ceux d’un des plus grands cinéastes égyptiens : Youssef Chahine…
Pour qui connaît le chagrin des deuils, c’est un film qui fait du bien. Ce n’est pas le moindre de ses mérites. Pas seulement parce que le cinéaste ignore tout apitoiement – aussi parce qu’il n’a rien changé dans sa manière souriante et crâne de défier le système de production cinématographique pour concocter des projets qui ne ressemblent qu’à lui, et qui pourtant parlent à tout le monde… (C. Kantcheff, Politis)