10 mai à 10:00

Pont-Sainte-Marie

Avec Réalisateur

Dimanche 10 mai à 10 h – Séance unique
en présence du réalisateur Léo Boudet,
suivie d’une rencontre et d’une dégustation
avec des vigneron(ne)s de la région.
P’tit déj à 9h30 : apportez vos viennoiseries
et spécialités, Utopia s’occupe du café.
Places en prévente à la caisse d’Utopia.

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Les chaillées de l’enfer

Léo Boudet

Année : 2025
Pays : France
Durée : 102 mn
Date de sortie nationale : 22/04/2026

« Les Chaillées de l’Enfer », un titre qui annonce une histoire intense mais qui n’est probablement pas si énigmatique pour les grands connaisseurs de vin puisqu’il leur évoquera les hauteurs vertigineuses du Rhône où se déploie la viticulture en terrasses. C’est au cœur des appellations mythiques de Condrieu et Côte-Rôtie que le cinéaste Léo Boudet pose sa caméra pour suivre, au fil d’une année particulièrement éprouvante, la préservation de ce vignoble d’exception contre les dérèglements du climat.

Au centre du film, se dresse la figure de Christine Vernay, héritière d’une longue tradition familiale qu’elle réinvente sans la trahir. Son engagement pour une viticulture respectueuse du sol et de la biodiversité s’inscrit dans une démarche féminine et moderne, rare encore dans ce milieu. À travers elle, le film aborde la transmission, l’innovation et la place des femmes dans les métiers du vin, sans didactisme, mais avec une sensibilité lumineuse.

Mais le personnage principal du récit reste cet écosystème particulier où se mêlent

parcelles de vigne en « chaillées » (les murets qui soutiennent les terrasses escarpées) et le corps collectif qui en prend soin avec passion au rythme de saisons. Vigneronnes, employé·es, saisonnier·es y consacrent leur énergie, leur corps, leur temps et leur esprit. Iels convergent avec dévouement vers un même objectif : concocter l’un des meilleurs vins du monde, dans le respect des terres et des gens. Et quand le climat se dérègle, le domaine devient le théâtre d’une lutte quotidienne où chaque pied de vigne exige soin, persévérance et humilité. Gel printanier, sécheresse estivale, pluies diluviennes : la nature impose sa loi, et les vignerons, loin de se résigner, redoublent d’inventivité et de patience.

Plutôt que de construire un discours, le réalisateur préfère une approche immersive, souvent contemplative, mettant en valeur la dimension charnelle et émotionnelle de la relation avec la vigne. La caméra s’attarde sur les gestes, les silences, les regards. Le travail est montré dans sa répétition, sa dureté, mais aussi dans sa beauté presque hypnotique. Le rythme du film épouse celui de la nature : lent sans être ennuyeux, cyclique sans être figé. Les plans larges sur les paysages sont saisissants, d’une beauté presque irréelle, portée par la musique envoutante d’Alexandre Desplats.

De cette « saison en enfer » pour le domaine, naitront pourtant un cru blanc sec probablement paradisiaque, ainsi qu’un poème visuel dédié à la terre et à ceux qui la travaillent.

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