L’illusion de Yakushima

Réalisation : Naomi Kawase
Casting : Vicky Krieps, Kan’ichiro, Ojiro Nakamura, Misaki Kakano, Haruto Tsuchiya, Ukyo Todoshi
Scénario : Naomi Kawase

Type de film : Fiction
Pays : Japon
Année : 2025
Durée : 122 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 17/06/2026

Mercredi 17 juin
14:15
Mercredi 17 juin
20:30
Dimanche 21 juin
15:50
Dimanche 21 juin
18:00
Lundi 22 juin
14:30
Lundi 22 juin
19:00
Mardi 23 juin
14:00
Mardi 23 juin
18:10
Mercredi 24 juin
18:20
Jeudi 25 juin
20:20
Vendredi 26 juin
14:10
Vendredi 26 juin
18:20
Samedi 27 juin
14:15
Samedi 27 juin
18:40
Dimanche 28 juin
14:10
Dimanche 28 juin
20:20
Lundi 29 juin
17:00
Mardi 30 juin
14:10
Mercredi 01 juillet
18:40
Jeudi 02 juillet
20:30
Vendredi 03 juillet
18:00
Samedi 04 juillet
16:20
Dimanche 05 juillet
14:10
Dimanche 05 juillet
18:30
Lundi 06 juillet
17:20
Jeudi 09 juillet
20:25
Vendredi 10 juillet
14:10
Samedi 11 juillet
16:20
Dimanche 12 juillet
14:20
Mardi 14 juillet
20:35
Du 17/06/2026 au 14/07/2026 – Prochaines séances

Cinq ans après True mothers, Naomi Kawase revient avec L’Illusion de Yakushima. La cinéaste japonaise, habituée à explorer les zones troubles de l’âme humaine et les tabous de la société nippone, poursuit ici sa réflexion sur le deuil et la connexion entre les êtres, thèmes récurrents d’une œuvre qui mêle avec une grâce rare la poésie visuelle à l’introspection fragile. Tandis que Vicky Krieps, après son immense prestation dans Love me tender, trouve en Kawase une complice idéale pour incarner les nuances de la perte et de la résistance.

Corry, spécialiste française des transplantations cardiaques pédiatriques, travaille dans un hôpital de Kobe où elle se heurte à la résistance culturelle du Japon face au don d’organes. Dans un pays où la mort cérébrale n’est reconnue officiellement comme une mort définitive que depuis 1997, où les familles hésitent à donner leur consentement, les listes d’attente s’allongent déraisonnablement et des enfants meurent, parfois après des années d’espoir vain. Corry se bat avec une détermination tranquille pour sauver ces vies, argumentant auprès de collègues partagés entre scepticisme et résignation. Mais sa vie à elle bascule lorsque Jin, son compagnon photographe, rencontré trois ans auparavant sur l’île de Yakushima lors d’une randonnée dans les forêts luxuriantes, disparaît soudainement. Entre son combat professionnel pour maintenir des enfants en vie et sa quête personnelle d’un homme peut-être disparu à jamais, Corry se retrouve confrontée à la question vertigineuse : quand faut-il accepter qu’une vie s’est éteinte ?

Kawase déploie son lyrisme visuel habituel… Les forêts de Yakushima deviennent des espaces presque oniriques où la frontière entre réel et illusion se brouille. La photographie est d’une limpidité envoûtante, même si l’esthétique lumineuse du film peut parfois basculer dans l’emphase. Mais cette sensualité visuelle ne tombe jamais dans le mélodrame facile. Kawase fait preuve d’une habileté digne de son compatriote Hirokazu Kore-eda, notamment dans sa direction des jeunes acteurs de sa distribution, et livre une résolution humaniste sans verser dans le sentimentalisme.

La narration glisse entre présent et passé avec une fluidité qui reflète l’état mental de Corry, de 2022 à 2025. On la voit aujourd’hui faire ses rondes à l’hôpital, dispensant une douceur rassurante aux enfants et à leurs familles angoissées, puis on remonte trois ans en arrière lors de sa rencontre avec Jin. Ce montage non-linéaire peut sembler parfois capricieux, revenant sur des points narratifs déjà implicites, mais il permet de tisser subtilement les deux niveaux du récit : le combat médical et la perte personnelle.

Vicky Krieps porte le film sur ses épaules avec une maîtrise bouleversante. Sa performance offre un courant stable et stoïque de chagrin inexprimé, même lorsqu’elle prononce des répliques exigeantes. L’actrice incarne la gentillesse, le deuil, la détermination et la fragilité, manifestement à l’aise sous le regard intense de Kawase. Face à elle, Kanichiro compose un Jin taciturne et mélancolique dont la présence hante le film même après sa disparition. Leur chimie repose sur un calme partagé, une compréhension mutuelle de la perte qui rend leur séparation d’autant plus déchirante. L’Illusion de Yakushima interroge ce qui demeure quand tout s’évanouit. À travers l’histoire de Corry, la cinéaste nous rappelle que la connexion humaine, même éphémère, même illusoire, reste ce qui nous maintient en vie. Et que parfois, sauver un cœur, c’est aussi apprendre à en porter l’absence. (Sam Nøllithørpe, lebleudumiroir.fr)

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