La dernière patiente

Réalisation : Rémi Bassaler
Casting : Anouk Grinberg, Luàna Bajrami, Félix Lefebvre, Achille Reggiani
Scénario : Marion Defer, Rémi Bassaler

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 80 mn

Sortie nationale : 02/09/2026

Mercredi 16 septembre
13:50
Mercredi 16 septembre
20:30
Jeudi 17 septembre
14:10
Vendredi 18 septembre
14:05
Vendredi 18 septembre
18:30
Samedi 19 septembre
20:35
Dimanche 20 septembre
16:20
Dimanche 20 septembre
20:30
Lundi 21 septembre
14:50
SME
Mardi 22 septembre
20:00
Mercredi 23 septembre
18:50
Jeudi 24 septembre
20:40
Vendredi 25 septembre
16:20
Samedi 26 septembre
19:10
Dimanche 27 septembre
14:10
Lundi 28 septembre
15:20
SME
Mardi 29 septembre
18:20
Mercredi 30 septembre
18:50
Jeudi 01 octobre
21:00
Vendredi 02 octobre
16:40
Samedi 03 octobre
18:10
Lundi 05 octobre
20:00
SME
Mardi 06 octobre
18:20
Du 16/09/2026 au 06/10/2026 – Prochaines séances

Voici venu le temps de la retraite pour Judith. Retraite bien méritée, après plus de trente ans de bons et loyaux services, à jouer du stéthoscope et du carnet d’ordonnances dans un quartier populaire de la banlieue de Nancy. Son cabinet médical est situé tout en haut d’une tour HLM qui doit être évacuée et détruite dans les jours qui viennent. Place au neuf, enrobé des sempiternelles promesses de « mieux vivre » qui n’engagent que celles et ceux qui les écoutent – et n’enrichissent guère que les promoteurs et les géants du BTP (détruire, reconstruire, étendre les villes, pour entretenir la fameuse « bulle immobilière »). Judith – Anouk Grinberg, très convaincante – n’a plus beaucoup de temps pour mettre en cartons sa vie tout entière, professionnelle et personnelle. Le cœur est lourd, les gestes un peu fatigués à trier, classer, emballer, étiqueter ses souvenirs. Comme ce jeu de Docteur Maboul qui prend la poussière depuis un bout de temps – vous savez, ce jeu de société où il faut opérer un malade en plastique sans toucher les organes vitaux sous peine de faire retentir une sonnerie stridente à réveiller les morts. Le docteur, c’est donc Judith, qui a bien du mal à raccrocher, et ce qu’il y a de maboul, c’est le monde qui l’entoure. Les hôpitaux surchargés, les soignants en grève qui réclament des moyens, de la sécurité, du temps – bref, un peu tout ce qui permettrait à ces travailleurs sensément « essentiels », qui ne se satisfont pas de se faire payer en applaudissements, de faire leur boulot dans des conditions normales… Et puis soudain, au milieu des cartons, surgit Aïda : une jeune femme enceinte de huit mois qui sonne à son cabinet, inquiète d’avoir perdu du sang. Judith l’emmène illico à l’hôpital : pas de lit disponible, aucune place en échographie avant des heures, l’attente s’annonce interminable… Impossible pour le médecin d’abandonner Aïda et de retourner à ses cartons. D’autant que le petit copain de la jeune femme, d’abord aux abonnés absents, commence à s’imposer de façon insistante – et même déplaisante, voire inquiétante.

La Dernière patiente se transforme alors en un huis clos oppressant où tout, surtout le pire, pourrait arriver. Les trois acteurs portent le film sur leurs épaules, chacun·e tirant le fil d’une pelote entremêlée qui forme un récit tendu, ramassé et laisse assez peu de respiration. Pour le réalisateur Rémi Bassaler, venu du documentaire, « faire le portrait d’une médecin de 62 ans, c’est une manière de combler un manque de représentation. Encore trop peu de fictions mettent en avant des personnages féminins de plus de 50 ans. » Le personnage de Judith est inspiré de sa mère, infirmière en milieu rural. « Je l’ai toujours vue se démener pour ses patients au mépris de sa propre santé. Quand l’âge de la retraite est arrivé, elle était à la fois épuisée physiquement et chamboulée psychologiquement ». Comment partir alors que la société n’a jamais autant manqué de soignants ? Et comment aborder la « suite » quand on a consacré sa vie aux autres ? Aïda est l’aiguillon qui incite Judith à ne pas s’enfermer sur son passé. Malgré leur différence d’âge et le gouffre social qui les sépare, il ne s’agit donc pas d’une relation de mentor à élève mais d’un échange, à égalité. Mettant en scène ce binôme assez inhabituel, La Dernière patiente suggère qu’un lien sororal puissant – la force des femmes mise en commun – est une arme de premier choix face au masculinisme qui gangrène la société.

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