VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOU
One flew over the cuckoo‘s nest
Milos FORMAN
Année : 1975
Pays : USA
Durée : 134 mn
VOST
avec Jack Nicholson, Louise Fletcher, William Redfield, Brad Dourif, Will Sampson, Christopher Lloyd, Brad Dourif, Danny De Vito
Scénario de Lawrence Hauben et Bo Goldman, d‘après le roman de Ken Kesey, oeuvre phare de la contre-culture US
OSCARS 1976 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur actrice, meilleur scénario
Les 5 Oscar principaux en 1976 : meilleur film, Milos Forman meilleur réalisateur, Jack Nicholson meilleur acteur, Louise Fletcher meilleur actrice, Lawrence Hauben et Bo Goldman meilleur scénario… Un film imparable qui, cinquante ans après sa réalisation, nous transporte toujours de jubilation, et d’exaltation. Message particulier aux jeunes qui n’ont jamais vu Vol au-dessus d’un nid de coucou : précipitez-vous pour le découvrir, il est bien probable que le film va s’inscrire immédiatement sur la liste de vos films-cultes !
Randall McMurphy (Nicholson), con-damné de droit commun, est transféré dans un hôpital psychiatrique : il est immédiatement interrogé par le directeur et on comprend vite qu’il se sert d’une supposée folie comme système de défense, pour essayer d’échapper à la prison. Toujours est-il qu’il est placé en observation dans l’établissement, le temps qu’un comité d’experts détermine s’il relève de la psychiatrie ou du droit pénal ordinaire.
L’irruption de McMurphy, trublion incontrôlable, à l’humour, au charme, au sens de la provocation ravageurs, va mettre un bordel sans nom dans cet univers aseptisé, déshumanisé, infantilisé, sur lequel règne, en maîtresse souriante autant qu’impitoyable, l’infirmière-chef Ratched. Prénommée Mildred, mais il n’y aura bien que McMurphy pour oser l’appeler par son petit nom !
Jusqu’ici la vie dans le service était réglée au millimètre : emploi du temps minuté et intangible, déplacements contrôlés, échanges surveillés, pas un mot plus haut que l’autre, musique d’ascenseur obligatoire et omniprésente, pas le temps d’essayer de penser par soi-même, initiative et imprévu rigoureusement interdits… Et tout ça sans brutalité, sans coercition visible : le sourire, la voix douce, la persuasion suave de Miss Ratched font régner l’ordre sans vague, sans soubresaut. Le comble du système oppressif : faire en sorte que ses victimes l’acceptent, et même en redemandent !
Mais McMurphy va faire voler en éclats cette belle machine à endormir en se montrant tout simplement vivant, joyeux, turbulent. Irrespectueux de l’autorité mais pas des « malades », qu’il ne traite justement pas comme tels, mais comme des gens avec qui on peut jouer aux cartes (avec des cigarettes pour enjeu), avec qui on peut rigoler, qu’on peut chambrer, qu’on peut engueuler, et à qui on peut demander leur avis (et même faire voter pour un changement d’emploi du temps afin de voir la finale de base-ball à la télé)…
Miss Ratched va évidemment réagir, d’abord à sa manière habituelle, feutrée, sournoise, avant de durcir ses méthodes au fur et à mesure que McMurphy met la pression.
D’une efficacité impressionnante, qui n’empêche ni le lyrisme, ni la complexité, ni l’émotion, Vol au-dessus d’un nid de coucou vous emporte d’un bout à l’autre, au fil de quelques séquences mémorables : les parties de poker et de basket, le match de base-ball réinventé par McMurphy, la virée en mer, la relation avec Big Chief, l’Indien grand comme une montagne et muet comme les pierres, la séance d’électrochocs… jusqu’à la scène finale, terrible et magnifique.
Autour de Nicholson et Louise Fletcher, tous les deux extraordinaires dans des registres diamétralement opposés, les « seconds rôles » sont absolument parfaits. Bref un vrai classique des années 1970, décade prodigieuse pour le cinéma américain, qui ne demande qu’à continuer à vivre…



