LES BEAUX GOSSES

Réalisation : Riad SATTOUF
Casting : avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Trémolières, Julie Scheibling, Camille Andreys, Robin Duverger, Baptiste Huet, Noémie Lvosky, Irène Jacob, Emmanuelle Devos, Valeria Golino, Marjane Satrapi
Scénario : Scénario de Riad Sattouf et Marc Syrigas

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2009
Durée : 90 mn
Version : VOST

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Avouons le sans détour et sans surtout bouder son plaisir, Les Beaux Gosses est probablement le truc le plus drôle qu’on ait vu au cinéma depuis une paye ! Un film où l’on rit toutes les deux minutes et qui, si on a une trop petite vessie et qu’on a bu un litre d’eau gazeuse avant la séance, risque de provoquer des fuites gênantes. Et surtout ce film nous rassure enfin : le cinéma français est capable de s’attaquer à la teen comedy, traduction pour les gens vraiment pas polyglottes : la comédie d’adolescents.
Les Beaux Gosses est une vraie comédie d’adolescents qui ne fait surtout pas dans le « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » : les « héros » du film sont franchement moches au premier abord, avec pour couronner le tout des looks atroces ou informes. Et c’est aussi ça qui est drôle. Car l’adolescence, c’est l’âge des sales appareils dentaires tue-l’amour alors qu’on n’aspire qu’à ça, l’âge des acnés purulents, des cheveux gras stylés et des odeurs corporelles omniprésentes. Et rien ne nous est épargné de tous ces merveilleux aspects de l’âge ingrat !

Le personnage central c’est Hervé, un joyeux loser de 14 ans totalement obsédé par la gent féminine et son utilisation la plus triviale mais qui, malgré des allures de matamore, se prend râteau sur râteau, Son seul vrai pote est Camel, un jeune rebeu fan de heavy metal qui arbore la coupe de cheveux la plus terrible du monde, croisement entre la coupe mulet des footballeurs allemands et celle des chanteurs de metal des seventies. Le cauchemar d’Hervé c’est sa mère, passablement possessive, et particulièrement préoccupée par la sexualité de son fils, au point de débouler régulièrement dans sa chambre en lui demandant s’il est en train de se masturber (mère génialement incarnée par Noémie Lvosky).

On connaissait jusqu’ici Riad Sattouf comme auteur de BD super-talentueux, mais bien plus qu’une adaptation, Les Beaux Gosses est un vrai film, d’une authenticité saisissante. En particuier dans la caractérisation des personnages et le choix des acteurs : on sait gré à Sattouf d’avoir échappé à une démarche sociologisante qui aurait voulu dans une classe son quota de petits noirs, de petits arabes, de petits gothiques… La classe du film est relativement intemporelle et non segmentée parce que, bien au-delà des tribus, les préoccupations des adolescents sont bon an mal an les mêmes, avec en tête de gondole l’éveil à la sexualité. Dans Les Beaux Gosses, qui n’hésite pas à triturer le sujet , cet éveil passe pour Hervé et Camel par les pages lingeries de vieux catalogues de la Redoute (Hervé préfère ceux des années 80, où les filles n’étaient pas retouchées en photoshop, ce qui donnera lieu à une des scènes les plus cocasses du film où Hervé reconnait la mère d’une copine comme ancienne mannequin lingerie) et par des sites pornographiques mettant en scène des femmes mûres (mamanschaudasses.com, dont la playmate est incarné par la très miam Valeria Golino) avec un final généralement dans les chaussettes sales, un bon moyen de dissimuler aux parents son onanisme.

On pourrait craindre la pantalonnade trash, mais point du tout : Les Beaux Gosses apparaît au final comme un très joli portrait d’adolescents parfois doucement mélancolique (en partie grâce à l’envoutante musique de Flairs), en tout cas toujours juste et jamais excessif.

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