LOUISE VIOLET
Réalisation : Écrit et réalisé par Eric BESNARD
Casting : avec Alexandra Lamy, Grégory Gadebois, Jérôme Kircher, Jeremy Lopez
Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2024
Durée : 108 mn
Version : VOST
1889. Envoyée dans un village de la campagne française, l’institutrice Louise Violet doit y imposer l’école de la République (gratuite, obligatoire et laïque). Une mission qui ne la rend populaire ni auprès des enfants… ni auprès des parents. Désireuse de se racheter après un passé trouble, faisant preuve d’une résilience extraordinaire face à l’hostilité des paysans, Louise est déterminée à sortir ses élèves de l’ignorance et à trouver sa place dans une communauté qui rechigne à accepter « l’étrangère ». Venue, qui pis est, « de la ville » ! Son personnage, caractérisé par un savant mélange d’assurance et d’humilité, est à la fois crédible dans le contexte historique du film – et terriblement contemporain. Portée par une forte conviction, une foi laïque en sa mission, faisant à l’occasion preuve d’une obstination peu commune, l’institutrice va avoir fort à faire pour d’abord gagner à sa cause les premiers réfractaires à cette histoire d’école : le curé et le maire.
La belle histoire, habilement racontée sur un mode léger, entre « success story » et « feel good movie » (mais à la française), se mêle à la grande Histoire – ici les révolutions profondes, industrielles, sociales, économiques qui secouent la France en cette fin du 19e siècle, jusqu’au fin fond des campagnes. En filigrane, le film raconte aussi l’installation de la République (la troisième), en partant de sa base (le village) au travers de la laborieuse (mais victorieuse) mise en place d’une de ses plus emblématiques réalisations : l’école publique, sensée souder la fracture de la société française entre sa ville et sa campagne…
La Troisième République est mal vue par ces paysans qui ont peur que l’on vole ou partage leurs terres. « Le mot-clé qui leur fait peur à l’époque c’est « les partageurs » alors que leur rapport à la propriété de leur terre est quasi irrationnel. C’est plus qu’un trésor, c’est quelque chose qui se lègue de génération en génération. Leur identité passe par leur terre, un bien inestimable. Quand, face à cela, vous avez les Proudhoniens qui déclarent que la propriété c’est le vol et que tout doit être communautaire, cela donne deux façons de penser diamétralement opposées.
Louise Violet n’a pas existé, elle est un agrégat de plein de choses. Louise, c’est le prénom que je donne à quasiment tous mes personnages féminins. On peut y voir aussi une référence à Louise Michel mais il faut préciser que cette figure révolutionnaire a été une institutrice disons autonome avant la Troisième République, elle ne fait pas partie des hussards noirs. Par contre, oui, le point commun qu’elle a avec mon personnage, c’est d’avoir fait la Commune et d’être allée au bagne. Mais Louise Michel est restée révolutionnaire tandis que mon personnage choisit de devenir réformatrice. » (Éric Besnard).
Dans un casting aux petits oignons, mention spéciale à Grégory Gadebois dans le rôle du maire du village, qui porte le film comme un boxeur poids lourd, arbitrant le choc culturel entre l’enseignante de la ville et les habitants des champs, laborieux, méfiants envers les « intellectuels »… Montrant dans ce contraste que, déjà à l’époque, l’école pour tous n’allait pas de soi.



