THE CHRONOLOGY OF WATER

Écrit et réalisé par Kristen STEWART

Année : 2025
Pays : USA / France
Durée : 126 mn
VOST

avec Imogen Poots, Thora Birch, Jim Belushi, Charles Carrick, Tom Sturridge, Susanna Flood
D’après La Mécanique des fluides, roman autobiographique de Lidia Yuknavitch

15 avril 2026
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05 mai 2026
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Du 15/04/2026 au 05/05/2026 – Prochaines séances

Dans un genre très différent et dans un tout autre style, The Chronology of water a pourtant bien des points communs avec Sirāt, l’incontournable du moment. Un même choc cinématographique, une même puissance dans la mise en scène qui convoque tous les sens, un même regard tranchant comme une lame, sans concession, sans échappatoire, sans précaution. A l’image tout semble les opposer : l’ocre sobre et poussiéreux qui asphyxie le premier contraste nettement avec la palette chromatique explosive et parfois saturée qui inonde le second. Mais ils portent une même rage, une même force, une même urgence d’être toujours en mouvement et d’avancer coûte que coûte, fût-ce au péril de la vie de leurs deux principaux personnages.

Alors bien sûr, et il faut sans doute vous prévenir, entrer dans un tel film ne se fait pas sans effort : la structure même du récit, qui n’est pas linéaire, demande au spectateur de s’abandonner en confiance dans le processus même de reconstruction, comme un écho intime au parcours que réalise Lidia, le personnage principal. Au début, c’est déroutant, voire un peu agaçant car on avance en terrain inconnu et on pourrait se laisser rebuter par certains artifices d’une mise en scène très, trop élaborée. Mais au fur et à mesure que s’emboîtent les éléments qui semblaient trop disparates, passées les 15, 20 premières minutes du film, on comprend que tout cela n’est pas vain : ce qui semblait de prime abord un peu poseur et prétentieux finit par s’imposer comme une manière très singulière et émouvante de raconter l’histoire d’une renaissance. Celle de Lidia Yuknavitch, petite fille abusée qui n’aura de cesse de trouver, au fil de l’eau et de sa jeune existence, la ligne de vie à laquelle s’accrocher pour ne pas sombrer. C’est ce parcours-là, forcément chaotique, excessif, fracturé, fragmenté que Kristen Stewart choisi de porter à l’écran pour son premier film en tant que réalisatrice. Un choix ambitieux qu’elle assume avec une force rare, « comme une évidence » : huit années à construire, déconstruire, écrire, réécrire un scénario qui, comme elle le dit « aurait pu faire 500 films ». Le résultat est bluffant par la maturité avec laquelle elle nous embarque dans cette épopée au féminin qui n’occulte rien et montre avec une brutalité parfois crue mais toujours sincère les blessures, les rêves, les désillusions et finalement la renaissance de cette jeune femme (Imogen Poots, charismatique en diable, qui n’est pas sans rappeler la jeune Kate Winslet), de son adolescence à son âge adulte.

D’une fidélité absolue au livre dont il est l’adaptation, le film s’émancipe de la chronologie et se construit par morceaux, éclats plus ou moins lumineux volés à une vie brisée. Cette vie, c’est donc celle de Lidia, nageuse, poétesse, petite fille modèle condamnée à l’excès et à l’excellence, hantée par l’ombre d’un père abuseur et d’une mère qui ne veut rien voir. Lidia marquée au fer rouge par ce sentiment de honte que portent en elles toutes les victimes, puis traversée par une puissante envie de s’extraire des griffes de la demeure familiale. Il y aura, comme un échappatoire, la libération de la vie étudiante, des amours agitées, des plongées vertigineuses et des rencontres décisives avec des mentors inspirés et inspirants. Au bout du chemin, une seule promesse d’espoir : l’écriture, comme un antidote aux souvenirs venimeux, une manière de se réapproprier ses souffrances et son histoire. Quant à l’eau, elle sera le refuge, le fluide primitif qui protège et isole mais aussi l’appel au mouvement, aux remous, à la vie.

Filmée avec une caméra 16 mm, The Chronology of water est une œuvre intense, ample, dense, foisonnante, radicale et chaotique, qui donne furieusement envie de s’intéresser de plus près à Lidia Yuknavitch, figure fascinante de la littérature moderne américaine. Mais le film marque surtout l’entrée fracassante d’une jeune cinéaste dans la cour des grands.

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